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- 30/03/2011
- La Bourse ou la Pierre ?
La Bourse comme l'immobilier sont soumis à des cycles : quand l'un baisse, l'autre est souvent orienté à la hausse. Les Français l'ont bien compris. Après avoir vécu deux krachs boursiers en dix ans, ils désertent la Bourse et reviennent en force sur l'immobilier. Leur placement fétiche, qu'ils n'avaient en réalité jamais abandonné.
L'inflation joue un rôle décisif
« L'observation des cycles boursiers et immobiliers ne permet pas d'en tirer une règle unique de comportement" estime Guy Marty, directeur général de l'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF). "En théorie, on pourrait croire que ce qui est bon pour les actions, un recul de l'inflation ou de meilleures conditions d'accès au crédit, l'est aussi pour l'immobilier. En fait, les marchés obéissent à leurs propres règles qui peuvent être totalement divergentes."
Les plus anciens s'en souviennent. Durant toutes les années 1960 et 1970 marquées par une forte inflation, il ne fallait surtout pas être en Bourse, puisque les actions ont perdu 75 % de leur valeur en vingt ans. L'immobilier s'est beaucoup mieux comporté, avec une hausse moyenne de 25 % du mètre carré à Paris. De cette époque, tout le monde a retenu qu'en période de forte inflation, seuls l'or et l'immobilier permettent de faire fructifier son capital.
« Les années 1970 ont été marquées par une très forte inflation que nous avons peu de probabilité de revoir d'ici peu, tempère Guy Marty. En période de légère inflation, rien ne s'oppose en revanche à ce que la pierre et la Bourse évoluent dans le même sens. » Les périodes durant lesquelles la Bourse surperforme l'immobilier sont très rares. C'est ce qui s'était produit dans les années 1990. Le fort recul de l'inflation avait alors pleinement profité aux actions qui étaient par ailleurs tombées à des niveaux de valorisation très faibles. L'immobilier n'avait pas suivi pour la simple raison que l'emballement excessif des prix du mètre carré intervenu dans les années 1980 appelait une correction. La multiplication des programmes résidentiels par les promoteurs avait aussi conduit à un engorgement du marché.
Possible rééquilibrage en faveur de la Bourse
Dès le début des années 2000, changement de décor. La spéculation effrénée dont ont fait l'objet les valeurs technologiques a conduit a une chute de 60 % de l'indice CAC 40 en deux ans. En 2007, nouvelle crise boursière, provoquée, celle-ci, par des opérations spéculatives initiées par les plus grandes banques de Wall Street. Les pays développés connaissent alors la plus * grave» récession de l'après-guerre et la Bourse rechute lourdement.
Face à la déroute des actions, l'immobilier retrouve aujourd'hui ses vertus de placement refuge. La rareté des biens dans certaines villes, comme Paris, et l'arrivée d'une clientèle étrangère fortunée poussent les prix vers des sommets jamais atteints. « Je ne conseille à personne d'arbitrer de façon trop violente en faveur de la pierre ou de la Bourse, explique Benoît Faure-Jarresson, analyste financier chez Invest Securities. Il me semble tout de même qu'il a y a plus à gagner à acheter des actions avec un CAC 40 à moins de 4 000 points qu'à acquérir un appartement à Paris à plus de 15 000 € le mètre carré. » Un rééquilibrage entre la Bourse et l'immobilier est possible, mais en matière financière les ajustements peuvent prendre des années. Une bonne raison de rester fidèle au principe de base de la gestion de patrimoine : diversifier ses placements et ne pas céder aux phénomènes de mode.
source : ROLAND LASKINE








